dimanche 26 février 2012

Être stationné.

Quand ça fait si longtemps qu'on a même oublié que nous l'étions.

Ça a l'air tout beau, tout stable, du solide.

C'est toujours là, c'est fiable, c'est constant. C'est prévisible.

Pourtant, un coup à bord, on se rend compte que c'est tout poussiéreux, tout rigide.

La corrosion est partout, bien enracinée.

Ce serait si laborieux que de chercher à tout refaire, tout déplacer.

Pourtant, il n'y a pas vraiment d'alternatives.

À part d'attendre que ça coule.

Le navire est si imposant, on se dit qu'on n'y arrivera jamais.

Alors on ferme les yeux pour s'en prendre à n'importe quoi, ne sachant trop comment aborder le monstre devant soi.

Puis c'est une amarre de moins, pour nous permettre de bloquer un petit peu plus tard.

Pour éventuellement réaliser qu'on aura finalement bougé.

Chérir ce jour, rudement mérité.

mercredi 4 janvier 2012


La douleur fait partie de ma vie.

Elle en fait partie depuis des années. Récemment elle s'est faite si envahissante qu'elle semble maintenant teinter ma personnalité. Quand j'ai atrocement mal, j'ai envie de me perdre profondément en-dedans et de ne plus trouver la sortie, comme une psychose sans électrochocs possible.

Je casserais tout. Pour changer le mal de place comme on dit.

Avoir mal me ramène invariablement à son antithèse. Le bonheur inestimable du non-mal est un trésor précieux et sous-estimé. Je soupçonne que peu de gens soient au fait de ça mais parfois ne rien ressentir peut être le plus grand des bonheurs.

La douleur m'oblige à habiter mon corps à tout moment. Je ne peux plus m'en échapper. Si j'essaie de ne pas bouger ne serait-ce qu'un instant, j'arriverai alors peut-être à temporairement oublier ma gravité.

Il n'y a pas plus lettrée que moi en terme de plaisir et d'intensité car je connais et sais jouir de tous les plaisirs simples de la vie.

Ceux quand je n'ai pas mal.

Le répit est un état de grâce.

Je suis constamment partagée entre l'idée de me révolter et celle d'accepter ma douleur.

Bien que ce soit tentant, je n'arrive pas à l'accepter. Ce serait pourtant paisible. Mais ce serait comme une défaite, ce serait comme capituler.

Ce serait comme me laisser envahir par quelque chose qui veut me réduire, qui veut me dominer.

Alors je rage. Je n'accepte pas d'être handicapée à 41 ans. Je n'accepte pas de devoir dépendre des autres pour des bricoles. Je n'accepte pas de devoir être consolée.

Je n'accepte pas la vulnérabilité.

dimanche 25 décembre 2011

Aujourd'hui, pas de crise d'hystérie à exorciser avec des mots.

Juste envie d'étaler un témoignage visuel d'un petit moment de grâce.

Ils n'ont pas besoin d'être nombreux les gens qui vous cernent, tant qu'ils vous aiment.

Ils sont juste là, à choisir de passer du temps avec vous plutôt qu'avec d'autres.

Ils se mettent à table, au propre comme au figuré. Ils vous ouvrent le sac à surprises de leurs souvenirs, de leur enfance.

Des heures passées à écouter avec un petit alcool pour se réchauffer le ventre.

Rire trop fort.

Contempler la petite flamme de la chandelle jusqu'à ce qu'elle se consume complètement.

Et il est déjà 2 heure du mat!

samedi 5 novembre 2011

HLA-B27.

Scrappe mon quotidien depuis 1996.

Je ne dis pas ça pour me plaindre, au contraire, ça a fini par changer ma vie de façon positive.

HLA-B27 est un état de fait pour moi. Ça ne va pas disparaître si j'en nie son existence. Ça ne va pas non plus s'atténuer avec le temps. Ça ne me donne rien non plus de me taper sur la tête en affirmant que je me fais ça à moi-même.

Certains sont diabétiques, bipolaires; le piège est de s'identifier à son mal, se dire qu'il nous a choisi. Nous vivons presque tous avec une tare qui nous affecte dans notre intégrité physique et/ou mentale. Et ceux qui en sont pour le moment épargnés se demandent bien quel sera leur éventuel gros lot dans la loterie de la génétique.

Qu'est-ce qui déraillera? Saurais-je le gérer? Vais-je refiler cette merde à mes enfants?

Moi j'ai maintenant un antigène avec un nom. J'ai une explication sur mon passé et je sais ce qui me guette si je reste là, prostrée dans mon état de fait.

Ça teinte ce que je suis, certes, mais comme l'humain est une magnifique machine en mode adaptation, j'ai décidé de composer avec.

Si je n'avais pas cette tare qui littéralement m'empoisonne la démarche et m'aveugle douloureusement, je ne ferais probablement pas tant de photos et ne me serais jamais mise à la course. Je n'aurais probablement jamais autant appris à chérir ces 2 passions si on ne m'avait pas tant mis de bâtons dans les roues.

C'est mon pied de nez à HLA-B27.

mercredi 12 octobre 2011

Je suis narcissique.

J'aime l'image. J'aime les faire, j'aime en être.

De les faire, j'apprécie spécialement le fait que ce soit ma vision.

Je sais pourtant bien que ma vision m'est propre et que même si j'ai voulu communiquer une émotion précise en créant une image, je ferai patate 9 fois sur 10 sur l'empreinte qu'elle laissera en vous.

Si elle en laisse une, bien entendu.

D'en être, j'aime le regard de l'autre posé sur moi. Par contre, quand j'en vois le résultat, j'ai toujours l'impression de reluquer une étrangère. C'est comme se voir à la télé, c'est en général une douche froide. Tout mes tics et grimaces ressortent dans cette vision que je n'ai pas pu manipuler.

En être comme ici dans cette image que j'ai entièrement façonnée est réconfortant. Ça me conforte dans l'image que je crois projeter alors qu'en réalité, je n'ai absolument aucun contrôle sur l'impression qu'elle vous laissera.

Je suis brin exhibitionniste aussi finalement...

Je suis obsédée par l'image.

J'adore aller creuser sous l'apparat que vous montez pour le public de votre quotidien afin de vous déshabiller jusque dans ce que je perçois être votre essence.

S'incarner volontairement dans l'image de l'autre demande beaucoup de guts.

J'en profiterai donc pour remercier tous ceux qui se sont livré à mon objectif.

Avec ou sans leur permission...

lundi 10 octobre 2011

Dis-moi quelque chose de gentil puis ignore-moi 3 jours.

Trouve tous les prétextes du monde pour te montrer la tête pour ensuite te faire désirer indéfiniment.

On dirait qu'en amour, il doit toujours y avoir un vainqueur.

Un des deux qui se croit convaincu d'avoir les meilleures cartes et qui se donne conséquemment le droit de torturer l'autre à l'aide de sous-entendus vagues, de phrases clés dans des discours anecdotiques, de situations hypothétiques drôlement de contexte.

Juste de quoi déstabiliser l'adversaire.

Et l'inquiéter un peu.

Parce que disons-le clairement: l'amour, c'est de la stratégie.

Montrer juste un peu son jeu.

Rendre l'autre nerveux en lui bouffant quelques pions dans le dessein ultime de venir se coller sur sa reine.

Le piéger, l'ensorceler.

Le titiller.

Rêver de la capitulation sans jamais savoir où et comment elle viendra.

La capitulation de l'autre, bien entendu.

On ne dit pas une «conquête» pour rien.

Parfois, j'en ai marre de jouer.

J'ai juste envie de lancer le damier par terre, de déclarer forfait et de poser ma tête sur son épaule.

mercredi 28 septembre 2011

She seems to think
She seems too weak
She takes a week to get over it

Ça vous barre le cou

Empoisonne votre sang

Agrémente d'une finale tordue les rêves les plus innocents

Ça dure tant que vous ne lâchez pas prise

Aussi longtemps que vous estimez le mériter...

Ça vous pousse dans les regrets, le pathétique, l'apitoiement

Ça vous tend la pelle afin que vous finissiez vous-même le sale boulot de vous enterrer vivant.

Ça vous contamine les pensées

Sabote votre quotidien

Mais surtout, ça ne change absolument rien

Sauf si on aime tourner en rond.

Mais ne demandez pas à un coupable compulsif de se pardonner

Il culpabiliserait...

She likes the sand
she likes to stand
She likes to sit
she likes to guilt
Guilt